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Thèse pour une Histoire Sociale des Marchands de Canon dans l'Espace Catalan Transfrontalier Trafic et Commerce des Armes 1919-1939 H/F - 66
Description du poste
- Université de Perpignan Via Domitia
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Perpignan - 66
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CDD
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Publié le 17 Mars 2026
Établissement : Université de Perpignan Via Domitia
École doctorale : Inter MED - Espaces, Temps, Cultures
Laboratoire de recherche : FRAMESPA- France, Amériques, Espagne-Sociétés, pouvoirs, acteurs
Direction de la thèse : NICOLAS MARTY ORCID 0000000251632695
Début de la thèse : 2026-06-01
Date limite de candidature : 2026-04-07T23:59:59
Le trafic des armes spécifique à l'espace frontalier entre le département des Pyrénées-Orientales et le Nord de la Province de Gérone durant l'Entre-deux-guerres, n'est pas un phénomène étudié en soi ; très peu considérée dans l'histoire locale, et rarement prise en compte comme un fait total dans l'historiographie française. De ce fait, la question des ventes illégales et des productions d'armes entre France et Espagne a été traitée à une échelle macro, et observée plus particulièrement au moment de la guerre civile espagnole. On pense notamment aux nombreux travaux de recherche historiques menés par Pierre Salmon sur le sujet. Toutefois, un travail à l'échelle locale, concentré au plus près des acteurs de la frontière et sur la frontière, n'a pas été entrepris. En mobilisant les sources et les méthodes de l'histoire des mobilités, notamment des mobilités frontalières, ce doctorat prétend ainsi à plusieurs ambitions.
Ce travail de recherche veut donner à comprendre les réseaux de relations entre France et Espagne, à travers l'étude multiscalaire des acteurs qui ont joué un rôle dans l'organisation interne du commerce et du trafic des armes sur la ligne-frontière. La contrebande d'armes étant par définition une forme de commerce illicite, les recherches ont pour objectif de mieux comprendre le système économique mis en place par ce commerce, ainsi que les formes de professionnalisation et de construction d'identité liée au « travail illégal » chez les individus qui trafiquent. La thèse cherche également à analyser la manière dont se construit et se transmet la mémoire de ce phénomène localisé de contrebande, dans un contexte transnational complexe et clivant, mêlant guerre civile et mouvements révolutionnaires d'une part, et tensions sociales fortes de l'autre. Enfin, le but de ce travail est de saisir dans leur complexité mais aussi dans leur globalité les interactions entre les trafiquants d'armes, et les multiples acteurs qui composent la société pyrénéenne frontalière (à savoir, les artisans-commerçants propriétaires d'une armurerie dans le département, l'administration préfectorale et ses bureaux, les institutions de police et de gendarmerie, les douanes, ainsi que la presse locale et régionale).
L'encadrement du doctorat se fait dans le contexte favorable de l'UMR 5136 FRAMESPA (France, Amériques, Espagne - Sociétés, pouvoirs, acteurs), spécialisée dans les thématiques d'histoire économique et sociale d'une part, et dans les relations entre la France et l'Espagne d'autre part. Le directeur de thèse est spécialiste d'histoire sociale et d'histoire des entreprises.
Il a obtenu pour sa thèse le prix de l'Académie François Bourdon « Techniques, entreprises, sociétés industrielles », et a reçu pour l'une de ses récentes publications, une distinction de la Business History Review, le « Henrietta Larsson Article Award » (meilleur article publié de l'année) en 2021. Il anime par ailleurs le comité franco-espagnol d'histoire économique de l'Association française d'histoire économique (AFHE). Dans le cadre de l'Across Alliance, une co-tutelle est proposée avec l'Université de Gérone (UdG) (cf. ouverture internationale) et les spécialistes d'histoire sociale du monde catalan dans les XIXe et XXe siècles, avec lesquels les relations sont étroites avec le FRAMESPA et les enseignants chercheurs du site de Perpignan (programme POCTEFA ESTAC par exemple)
Cette thèse aspire à quatre objectifs fondamentaux, en interaction les uns avec les autres :
Comprendre les réseaux de relations entre France et Espagne en examinant les réseaux de contrebande actifs sur la ligne-frontière étudiée ; Cet « épisode » de trafic d'armes s'est construit par une savante organisation des approvisionnements et des circulations. Les fournitures des contrebandiers en marchandises étaient, pour une part significative, issue des commerces armuriers présents dans le département français des Pyrénées-Orientales. La grande majorité des circulations et des convois d'armes était acheminée vers la Péninsule Ibérique, en Catalogne Nord, notamment vers la Cerdagne Espagnole (à Puigcerda), mais aussi vers la comarque de l'Alt Empordà (à destination de Port-Bou). De façon moins directe, on trouve aussi des traces locales de passages à destination de Valence, de Saragosse ou de Barcelone. L'enquête s'oriente donc sur ces réseaux d'approvisionnements, et tente de comprendre la mise en place des flux matériels, ainsi que le fonctionnement spatial, géographique des réseaux contrebandiers, et les enjeux géopolitiques qui entourent la pratique du trafic d'armes pyrénéen.Étudier le système économique mis en place dans la contrebande d'armes, les formes de professionnalisation au trafic, la construction d'une identité liée au « travail illégal » ; Le trafic des armes soumis à cette étude a fait naître une économie sous-terraine temporaire, dont le fonctionnement est à la fois fragile, précaire, et exclusivement spécifique aux pratiques de la fraude. Toutefois, une organisation précise, hiérarchisée, cadrée et codifiée à la façon du travail coopératif, s'est construite malgré le caractère illicite de l'activité contrebandière. Il s'agit alors de considérer la contrebande d'armes comme un « métier », dont l'entreprise persiste et reste palpable sur la ligne frontière pyrénéenne durant toute l'Entre-deux guerres. Enfin, la question de la professionalisation et de la spécialisation des trafiquants à la contrebande d'armes, est un point d'entrée essentiel ; il permet d'étudier l'efficacité organisationnelle de leur travail, ainsi que de comprendre les stratégies et les méthodes mises en place par les contrebandiers afin de maîtriser le terrain, et d'accomplir les tâches pour lesquelles ils sont employés dans un réseau.
Observer et analyser la manière dont se construit et se transmet la mémoire de ce chapitre contrebandier lié au trafic des armes ; D'une part, il faut prendre en considération le trafic intrinsèquement relié à la Guerre civile espagnole, qui fait déjà l'objet d'une transmission de mémoire, d'une historiographie, et d'un ensemble de représentations particulières. Toutefois, si le récit de la mobilisation solidaire par le trafic d'armes et de l'interventionnisme international est aujourd'hui bien connu et a fait l'objet de brillantes études récemment, il ne faut pas négliger l'existence en parallèle d'autres formes de trafic d'armes. Aussi et surtout, cette thèse entend analyser la construction d'une mémoire « globale » de la contrebande d'armes, une contrebande historiquement de guerre certes, mais pouvant aussi se dérouler sur des temporalités non-conflictuelles (comme ce fut le cas dans les Pyrénées-Orientales tout au long des années 1920), sans forcément avancer sur la table une justification politique. Ce travail espère ainsi dépasser le mythe du contrebandier de guerre, et se distancer de l'aspect (bien que très présent) purement belliqueux du trafic des armes.
Saisir les différentes interactions entre les trafiquants d'armes, et les multiples acteurs qui composent la société pyrénéenne frontalière ; Le coeur du travail pour une histoire sociale et une histoire des représentations, se trouve dans ce point. De par les actions, les réputations ainsi que les engagements plus ou moins assumés des trafiquants dans les fédérations politiques, ces individus véhiculaient une certaine image de leur groupe et de leur réseau, qui n'échappait que très rarement aux organes de presse. Ces sources médiatiques, bien que souvent partisanes, sont un très bon moyen de se familiariser avec les rapports de force existant entre les contrebandiers d'armes et l'opinion publique. Toutefois, les interactions directes des trafiquants avec d'autres individus sont très difficiles à saisir, puisque ces individus ne discutent pas à l'écrit (ils ne laissent que peu voire pas de traces) mais aussi car ils opèrent parfois sous une fausse identité). L'unique documentation qui témoigne réellement d'une interaction avec le reste de la société pyrénéenne, est composée des rapports d'enquête dans lesquels ils sont identifiés en tant que suspects (ou interrogés post-arrestation), ou bien des rapports de vente des armureries dans lesquels sont inventoriés l'ensemble des acheteurs, dont ceux qui achètent en trop grosse quantité aux yeux de la loi, et qui nécessitent une surveillance. Finalement, ce sont surtout les interactions des trafiquants avec les autorités et les forces administratives, ainsi qu'avec tout individu (armurier, commerçant-fabriquant, brocanteur, société de tir, manufacture d'armes) reconnu comme ayant fourni des armes aux contrebandiers, qui nécessitent d'être décortiquées.
La méthode utilisée pour le doctorat est la méthode histoire académique. Toutefois, nous ne négligerons pas les apports des disciplines soeurs que constituent la sociologie, la géographie, la géopolitique ainsi que la démographie. Pour ce faire, il est nécessaire d'abord de construire un corpus d'archives solide et complet. La contrebande des armes a donné lieu à une lourde documentation riche et publique pour le département des Pyrénées-Orientales, mais également dispersée et donc très disparate. Inévitablement, l'éventail des archives qui composent notre corpus est ainsi très diversifié. Les documents mobilisés appartiennent à plusieurs familles et types de sources différentes, toutes accessibles puisque les fonds privés sont absents.
Les archives publiques ou relevant d'organismes publics sont indispensables pour obtenir des renseignements sur les acteurs, surtout lorsque ces individus sont anonymes. Différents fonds et différentes échelles de conservation peuvent être mobilisées dans cette étude ; les Archives Municipales Camille Fourquet de la ville de Perpignan sont une aide précieuse, notamment pour recenser les individus disposant d'un permis de chasse, et pour comprendre les logiques d'installation potentielles d'un arsenal d'artillerie en milieu urbain. Les diverses archives provenant de la surveillance administrative, notamment les dépêches de la Préfecture des Pyrénées-Orientales ainsi que les dossiers d'enquête issus de la Direction Générale de la Sûreté Nationale, sont extrêmement bien conservées pour la période que nous souhaitons étudier. Cette documentation doit être complémentée aux registres de commerce armuriers, aux actes de vente, aux demandes d'autorisation de port d'arme, ainsi qu'aux procès-verbaux constatant les renseignements sur la conduite et la moralité des individus.
La presse écrite et imprimée, qu'il s'agisse des fonds retrouvés aux Archives Départementales des Pyrénées-Orientales (ADPO), malheureusement souvent incomplets ou étouffés par une omniprésence d'articles tendancieux ; la presse ancienne numérisée, notamment le Journal Officiel de la République Française (JORF), idéal pour se renseigner sur les décrets et les lois en vigueur sur une temporalité très précise ; la presse d'information générale, nationale ou régionale, qui apporte de nombreux renseignements sur le contexte politique et qui informe sur l'état global de l'ordre public grâce aux actualités qu'elle diffuse, pourra être observée. Quelques sources catalanes notamment issues des journaux La Vanguardia ou bien la Revista de Catalunya, dont les archives sont accessibles numériquement, peuvent et doivent également être amplement mobilisées dans ce travail.
L'analyse et l'interprétation de l'étude de cas pourra ensuite être réalisée au regard des objectifs proposés. Il s'agit de reconstituer avec rigueur la trajectoire des différents types de trafic d'armes rencontrés. Il faut également apporter des éléments de compréhension à la constitution d'une « communauté de contrebande », et d'un réseau hétérogène de trafiquants ; dans le département des Pyrénées-Orientales en premier lieu, mais aussi dans les autres points de contacts identifiés dans la région frontalière concernée.
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Chiffres clés de l'emploi à Perpignan
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